n'avez vous pas parfois ces sentiments que j'ai ?! le sentiment:
Que notre vie n'a pas de sens. Pas d'utilité. Que notre mort ne ferait, au fond, aucune différence.
Que la route est trop longue et que nous sommes trop fatigué. Que nous avons "assez donné". Que nous nous sommes suffisamment épuisé à tourner et errer dans le noir.
Que trop, c'est trop.
Que si on ne supporte plus... c'est que c'est insupportable.
Que respirer est devenu un effort trop difficile à fournir. Et que chaque seconde déchire quelque chose de plus dans les fibres de notre âme meurtrie et oubliée, muette. Comateuse.
Nous voulons la mort - mais c'est peut-être que nous croyons que seule la mort peut nous apporter ce changement radical dont nous avons effectivement besoin.
Un simple changement de souffrance serait déjà un soulagement ; ce qui est insupportable, c'est ce "toujours la même chose" - cette répétition obstinée, entêtée, de la même douleur.
Si nous pouvions troquer notre état actuel contre un autre, vraiment profondément différent, ne serions-nous pas satisfait, ou du moins soulagé ?...
Ce n'est pas à un changement de décor que l'on aspire, c'est à un changement intérieur. Un renouvellement. Une page qui se tourne pour s'ouvrir sur la belle plage lisse où tout est encore à écrire. Où tout est encore possible, où notre personnalité serait pareille à celle d'un bébé - fraîche et neuve et curieuse, et non désespérée et meurtrie et humiliée et aigrie.
Un changement radical.
Une nouvelle naissance.